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La corruption gangrène toujours la planète

Malgré les efforts de lutte contre la corruption celle-ci ne semble pas avoir reculé, bien au contraire. Selon l'indice de perception de la corruption 2011 publié début décembre par Transparency International, près de 75 % des pays classés ont obtenu une note égale ou inférieure à 5 sur 10. La France, elle, obtient la 25ème place du classement. Mais elle a encore de gros efforts à faire sur l'application de ses propres lois, notamment par ceux qui les votent…

 

La corruption continue de sévir dans de nombreux pays à travers le monde, selon l'indice de Transparency International 2011 Corruption Perceptions, publié début décembre.  Sur les 183 pays et territoires notés de 0 (corruption élevée) à 10 (très vertueux) sur la base de la perception de la corruption du secteur public*, 2/3 des pays ont obtenu un score égal ou inférieur à la moyenne. Au titre des pays les plus vertueux on trouve la Nouvelle Zélande suivie de la Finlande et du Danemark. Et seulement une quinzaine de pays peuvent se targuer d’avoir quasiment éradiqué la corruption publique. La Somalie et la Corée du Nord  qui sont inclus pour la première fois dans le classement, ferment la marche.

Une demande croissante de transparence

Fait saillant de l’édition 2011, la demande de plus en plus importante de transparence et de lutte contre le fléau de la corruption, et ce, où que ce soit à travers le monde note Transparency International. « Cette année, nous avons vu la corruption dénoncée sur les banderoles des manifestants qu'ils soient riches ou pauvres. Que ce soit dans une Europe touchée par la crise de la dette ou un monde arabe entrant dans une nouvelle ère politique, les dirigeants doivent tenir compte ces aspirations à une meilleur gouvernance», déclare Huguette Labelle, la présidente de l’ONG. Et « les pays qui sont dans le haut du classement montrent que les efforts pour améliorer la transparence à long terme, s’ils sont maintenus, peuvent être fructueux et bénéficier à leur peuple », renchérit Cobus de Swardt, le directeur exécutif de TI.

Cependant, malgré la multiplication des lois anti-corruption, leur application demeure encore très insuffisante. Ainsi pour les pays arabes, un rapport diffusé par TI avant le « Printemps arabe » pointait du doigt le fait que le népotisme, la corruption et le clientélisme étaient si profondément ancrés dans la vie quotidienne que les lois anti-corruption existantes avaient peu d'impact. La majeure partie d’entre eux obtiennent d’ailleurs un score inférieur à 4. Quant au Brésil, quelques jours seulement après la publication du classement le plaçant 73ème, le ministre du travail s’est vu dans l’obligation de démissionner pour cause de corruption, ce qui porte à 6 le nombre de ministres ayant dû faire de même depuis le début de l’année... La zone euro est aussi dans le viseur de Transparency car pour l’ONG, la crise de l’endettement s’explique aussi en raison de l'échec des pouvoirs publics à s'attaquer à la corruption et l'évasion fiscale. En témoignent notamment les notes extrêmement faibles de la Grèce (3,4 -80ème place) et de l’Italie (3,9-69ème place).

Mention « correcte mais peut mieux faire » pour la France

Avec une note de 7/10, qui lui vaut la 25ème place du classement (comme en 2010), la France fait, elle, figure d’élève médiocre de la zone et cela alors même que le couple franco-allemand est très attendu pour la résolution de la crise. Elle est bien loin du Danemark (2ème) ou des Pays-Bas (7ème) mais aussi de l’Allemagne (14ème) et du Royaume Uni (16ème). « Le procès des emplois fictifs de la ville de Paris mettant en cause l’ancien Président le la République Jacques Chirac, les conflits d’intérêts mis en lumière par le scandale du Médiator, l’affaire Guérini ou, encore, les développements de l’affaire Karachi ont très probablement contribué à ce que les observateurs internationaux continuent à avoir une image dégradée de l’administration et de la classe politique française », argumente l’agence française de TI qui en profite pour souligner la pertinence de sa campagne « Avec la transparence, la démocratie avance », visant à interpeller les candidats à la présidentielle sur cette question.

Cette perception est plus ou moins validée par la grande enquête (voir document lié) menée pour la première fois sur le « système national d’intégrité français ». Coordonnée par TI à la demande de la Commission européenne (25 autres pays suivront début 2012), cette analyse a été menée pendant un an par une équipe de chercheurs qui ont passé au crible 13 institutions pour leur rôle dans la lutte contre la corruption: du Parlement au monde de l’entreprise en passant par la Cour des comptes, l’exécutif, le législatif, les médias et la société civile. Conclusion de TI  France: « si par rapport aux standards internationaux, le système national d’intégrité français est globalement satisfaisant, il montre cependant des signes de fragilité : affaissement des canaux classiques d’expression et de participation politique, recul de la cohésion sociale, remise en question de l’Etat et de ses dirigeants. » Surtout, malgré les nombreuses lois votées pour éradiquer ce fléau  -un record de 15 depuis la loi Rocard de 1986-, leur application laisse à désirer. Notamment par ceux qui la font : le Parlement (rappelons que le Sénat n’est pas contrôlé par la Cour des comptes !) est ainsi désigné par Transparency comme « la lanterne rouge » des institutions françaises en la matière. Les politiques ne sont cependant pas les seuls à blâmer, reconnaît Daniel Lebègue, président de TI France : si les Français sont 73 % à déclarer que la corruption représente un réel problème dans leur pays (Eurobaromètre 2009), ils ont des « réactions un peu ambivalentes » à l’égard de comportements tels que les conflits d’intérêts ou l’abus de biens sociaux.

Concernant le monde économique, « les grandes entreprises publiques et cotées ont dans l’ensemble pris conscience du risque majeur que peut constituer la corruption et, ont de fait, mis en place des dispositifs de prévention et de contrôle pour l’éviter. Il faut avouer que cela avance moins vite du côté des PME et c’est pourquoi nous devons les y aider », souligne Daniel Lebègue. Reste que des brebis galeuses se cachent encore dans le troupeau. Exemple récent, celui d’Alstom qui vient de recevoir un avertissement du fonds souverain norvégien. Celui-ci a décidé de le placer en observation pour 4 ans en raison du « risque de corruption massive dans des filiales du groupe ». Cependant, « alors que plusieurs procédures judicaires ont été lancées dans différents pays, aucune ne l’a encore été en France », relève Daniel Lebègue.

* l’indice utilise les données de 17 enquêtes (sources : les experts et hommes d’affaires) qui prennent en compte l’application des lois anti-corruption, l’accès à l’information et les conflits d’intérêts.

Béatrice Héraud
© 2011 Novethic - Tous droits réservés
 

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Nouvelles

SNC-Lavalin: une purge et ça presse

Depuis février dernier, le mystère ne cesse de s'épaissir chez SNC-Lavalin. Et l'arrestation hier de l'ex-PDG Pierre Duhaime tend à confirmer que les paiements douteux réalisés par la firme d'ingénierie n'ont pas seulement servi à décrocher des contrats dans le Proche-Orient, mais à obtenir aussi le lucratif mandat de construction du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Le mystère ne fait que se confirmer depuis que SNC-Lavalin a découvert l'existence de paiements douteux de 56 millions de dollars dans sa filiale de construction au Proche-Orient, ce qui a forcé la démission du PDG Pierre Duhaime en mars dernier - avec une généreuse indemnité de départ de 5 millions - et l'arrestation un mois plus tard, en Suisse, du vice-président, Riadh Ben Aïssa.

Il y a quelques semaines, La Presse a révélé que l'escouade Marteau aurait aussi découvert l'existence de versements frauduleux totalisant 22 millions qu'aurait faits SNC-Lavalin en vue d'obtenir le contrat de supervision de la construction du CUSM.

La fin de semaine dernière, on a appris que la police suisse enquêtait maintenant sur des paiements douteux totalisant 139 millions qu'aurait réalisés Ben Aïssa alors qu'il était directeur de l'exploitation de SNC-Lavalin pour le Proche-Orient, mais également responsable des activités globales de construction pour l'ensemble du groupe d'ingénierie.

Et hier, coup de théâtre, l'ex-PDG Pierre Duhaime a été arrêté à son domicile par l'Unité permanente anticorruption qui l'accuse de complot pour fraude, fraude et usage de faux pour le contrat du CUSM, comme l'avait dévoilé La Presse il y a deux mois.

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